[Sri Lanka] Safari dans les parcs nationaux

Le Sri Lanka est l’un des pays d’Asie du Sud les plus intéressants pour l’observation de la faune. L’île possède une surprenante variété d’habitats et d’espèces compte tenu de sa superficie. On y compte 13 parcs nationaux et une centaine de zones protégées. En 2 semaines, nous ne pouvions pas tous les faire (même si j’aurais bien voulu !) donc nous en avons choisi deux : Uda Walawe NP et Bundala NP.

Les prairies africaines de Uda Walawe

Avec ses hardes d’éléphants et de buffles, le Parc National d’Uda Walawe rappelle les réserves de savane africaine. L’absence de végétation épaisse facilite la découverte et l’observation des animaux.

Uda Walawe National Park
Uda Walawe National Park

Un patrimoine menacé

La faune du parc est menacée pour plusieurs raisons, dont l’installation illégale associée au pâturage du bétail et le nombre important de visiteurs à bord de véhicules privés. Le braconnage et l’utilisation d’explosifs cachés dans des appâts sur les rives du réservoir d’Uda Walawe où paissent les sangliers constituent d’autres problèmes car blessent également les éléphants. De plus, le fait que ces derniers soient nourris par les automobilistes de passage encourage leur dépendance et amenuise leur peur des hommes.

Comment y aller ?

Le bus prend la direction du sud, laissant Ella et les montagnes derrière nous. N’ayant pas tout compris du trajet à suivre, on se fie entièrement au chauffeur et au contrôleur des billets qui nous disent de descendre à Tanamalwila. C’est à partir de là que ça se complique. Le réseau de bus nous apparait, à nous touristes, d’une complexité redoutable, mais il semble que même les Sri Lankais aient du mal. Aussi on est vite perdu quand on demande la direction à prendre, chacun contredisant son voisin. Certains nous disent de prendre le bus pour Colombo, mais une fois à l’arrêt de bus d’autres nous affirment qu’il ne passera plus à cette heure-là, donc on saute dans le bus allant à Embilipitya avant d’en redescendre aussi vite car le bus pour Colombo vient d’arriver. Pfiou !

Sitôt grimpées dans ledit bus, on se croirait dans une boîte de nuit ambulante (sauf que le moindre mouvement est impossible, tellement on est serré) : des néons de toutes les couleurs illuminent l’intérieur du bus, la chaleur moite se fait ressentir (forcément, on est 300 là-dedans !) et un reggae jamaïco-indien sort des haut-parleurs. Il commence à pleuvoir des cordes, ce qui en soi n’eut pas été gênant si nous n’étions pas coincées contre la porte ouverte du bus…

Notre hôtel

Nous arrivons trempées et sous la pluie à Uda Walawe. Un tùk-tùk nous emmène à Superson Family Guest, une agréable et propre pension tenue par un hôte très gentil (11€ la chambre), éloignée du centre-ville et entourée par un beau jardin. Le rice and curry servi le soir est délicieux, tout comme le petit déjeuner.

Ma copine Gwen avec qui je voyage et qui tient l’agence de voyage Terres d’Escales, propose un séjour familial au Sri Lanka avec une étape à Uda Walawe NP.

C’est parti pour un safari !

Notre hôte organise aussi des safaris dans le Parc National d’Uda Walawe au départ de l’hôtel. En se joignant au groupe des baroudeurs anglais qui séjournent également à l’hôtel, le prix est intéressant : 5€ pp (chauffeur/guide) + 15€ pp (droits d’entrée, prix fixe). À 6h du matin, la jeep démarre et c’est parti pour un safari de 3h sous un beau soleil !

Safari

Les éléphants sont nombreux dans le parc (environ 500), il s’agit d’une des trois sous-espèces d’éléphants d’Asie. 7% seulement des mâles possèdent des défenses (2% au Sri Lanka). L’espèce est en danger (statut IUCN) depuis 1986.

Éléphant d'Asie (Elephas maximus maximus) @ Uda Walawe
Éléphant d’Asie (Elephas maximus maximus) @ Uda Walawe NP

Le parc abrite aussi des populations de singes (2 espèces), facilement observables et peu farouches, perchés dans les arbres, des troupeaux de daims et de buffles d’eau immergés jusqu’au cou avec, souvent, un héron crabier perché sur la tête.

Plus farouche et très rare, le léopard est un hôte discret du parc national… que nous avons eu la chance d’observer ! À 40m, perché dans son arbre, nous regardant… Nous avons même pu faire le tour pour nous rapprocher et mieux l’observer. Le guide n’en revenait pas, il ne l’a vu que quelques fois en 10 ans ! Voir aussi nos photos des “mammifères du Sri Lanka“.

Le parc regorge d’oiseaux (limicoles, échassiers, rapaces) et où que l’on regarde on tombe sur un aigle perché sur un arbre mort, un paon faisant la roue, une nuée de cigognes arpentant les plaines humides du parc, des guêpiers posés sur une fine branche, un vanneau courant devant la jeep, etc. Ces petits oiseaux étant moins susceptibles d’intéresser les touristes, le guide ne s’arrêtait pas et j’ai dû tambouriner à la fenêtre pour qu’il me laisse le temps de photographier les oiseaux. Dommage qu’il soit interdit, pour des raisons de sécurité, de descendre de la jeep… Voir aussi nos photos des “oiseaux du Sri Lanka“.

Guêpiers d'Orient (Merops orientalis) @ Uda Walawe NP
Guêpiers d’Orient (Merops orientalis) @ Uda Walawe NP

Il est l’heure de rentrer et de s’attabler devant un bon petit déjeuner sri lankais 🙂 Au bout de 4 tasses de thé, nous quittons l’hôtel et reprenons le bus pour Tanamalwila, toujours aussi bondé. Direction : Bundala National Park.

Les marais de Bundala

Le Parc National de Bundala est un véritable dédale de cours d’eau, de lagunes et de dunes. Ce marais protégé de 62km² est reconnu par la Convention de Ramsar sur les zones humides.

Marais de Bundala NP et Tantale indien (Mycteria leucocephala) cherchant sa nourriture
Tantale indien (Mycteria leucocephala) cherchant sa nourriture dans les marais de Bundala NP

Tissamaharama

À Tanamalwila, un autre bus nous emmène à Tissamaharama, ville toute au sud et point de chute pour voir le Parc National de Bundala. Nous posons nos sacs à Sakura Guesthouse (7,50€ la chambre), pension propre et calme, entourée d’un grand jardin et tenue par une famille sympathique et accueillante. Je profite de l’après-midi pour aller faire un tour au lac de Tissa Wewa pour observer quelques oiseaux.

dfg @ Tissamaharama
Sakura Guesthouse @ Tissamaharama

L’hôtel n’organise pas de safari mais comme des jeeps sillonnent les hôtels à la recherche de touristes, il n’est pas difficile de trouver un guide et une jeep, en prenant soin de convenir du prix la veille. Tissamaharama est aussi le point de chute pour visiter Yala, le plus grand parc national de la région. Très touristique et plus axé sur les mammifères (léopard garanti), nous avons préféré faire Bundala, moins touristique et regorgeant d’oiseaux. Le prix est également moins élevé à Bundala : 27€ pp tout compris (droits d’entrée + chauffeur/guide).

C’est re-parti pour un 2° safari !

 Notre guide et chauffeur, un rasta maigrichon, passe nous chercher à l’hôtel à 5h (dur le réveil). Sans compter le touriste allemand qui somnole à l’arrière, nous avons la jeep rien que pour nous ! Le rasta, bien que m’inspirant moyennement confiance au début, s’est avéré en réalité un très bon conducteur (bien qu’un peu fou) et un guide hors pair, capable de repérer les animaux à l’œil nu à plusieurs dizaines de mètres !

Notre jeep @ Bundala NP
Notre jeep @ Bundala NP

Nous n’avions pas encore eu la chance d’observer des crocodiles, eh bien c’est chose faite ! Les lagons et plaines inondées de Bundala abritent les 2 espèces de crocodiles. On retrouve également les singes et les daims ainsi qu’une flopée d’oiseaux, c’est un vrai paradis ornithologique ! Voir nos photos des “oiseaux du Sri Lanka“.

Crocodile (Crocodylus sp) à Bundala NP
Crocodile (Crocodylus sp) à Bundala NP

La jeep s’arrête sur un promontoire rocheux surplombant la mer et c’est l’occasion pour nous de voir un autre animal discret et rare : les tortues marines ! Impossibles à observer aux jumelles, elles viennent respirer un bref instant à la surface avant de replonger, les flots se refermant aussitôt sur leur carapace.

Littoral @ Bundala NP
Littoral @ Bundala NP

Après 4h de belles observations, un petit-déjeuner mérité nous attend, avant de reprendre la route vers les plages ensoleillées du sud.

Conseils pour le baroudeur :

  • Ne pas hésiter à délaisser Yala au profit de Bundala : moins de jeeps à l’intérieur du parc, plus de calme et de solitude pour observer la faune.
  • Nous recommandons les 2 hôtels cités dans cet article : peu cher, très accueillant, parfait pour le baroudeur en quête de calme et de nature.
  • Bien fixer le prix du safari la veille.
  • Avoir un bon appareil photo !

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One comment

  1. Alison, Super stories and pictures in your last blog on Sri Lanka. You mention the abundant bird life which particularly interests me. I do work for the British Trust for Ornithology, whereby I regularly report on line on birds I see in my garden and also birds I see on a particular day in a 1 kilometre site near my home. I feed birds in the garden with sunflower hearts, niger seed and fatty cake, the latter attracting woodpeckers and blackcaps, but only get about 20 species in my garden. I am quite good at visible recognition of birds, but not at all good with identifying birdsong. Your mum became quite good at identifying birds.
    You certainly had some exciting adventures on your various safaris.
    Love from Derek

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